mardi 15 mai 2012

Ironie politique

Il m'a pris une fantaisie de visionner la "Série du Siècle" mettant alors aux prises les équipes nationales de hockey du Canada et de l'URSS en 1972. J'ai en effet trouvé ce coffret de 4  DVDs avec lesquels je peux revoir la diffusion complète des 8 matchs entre les deux pays.

À cette époque, la série disputée entre les deux pays signifiait beaucoup plus que le titre de la suprématie mondiale de hockey: elle mettait aussi en jeu la valeur prétendue de chacun des système, l'un communiste, l'autre capitaliste.

Je ne sais pas pour les autres sports, mais jamais je n'ai été témoin d'une aussi grande passion animant les amateurs d'un sport national, toutes catégories confondues. Cela doit en grande partie s'expliquer par la dimension politique qui faisait partie de l'équation.

Quoi qu'il en soit, comme je visionnais les DVDs, je me suis rendu compte d'un détail qui a peut-être échappé à beaucoup d'entre nous à l'époque: les publicités sur les bandes de la patinoire de l'amphithéâtre de Moscou. À y regarder de près, on voit les marques prestigieuses de l'économie de l'Ouest en pleine captiale du communisme mondial: Hitachi, Gillette, Ford, Electrolux et même la marque de sous-vêtement Jockey...

Quelque part, c'est à se demander si les deux systèmes, au-delà du discours idéologique, ne sont pas juste les deux faces d'une même pièce de monnaie. Cette constatation rejoint celle émise par Henry Miller dans un article paru dans une revue littéraire française [Combat no. 2252, "Un jour viendra..."], que je me permets de citer:

(en parlant de la rivalité USA et URSS dans les années de l'après-guerre):

Pourquoi ces deux nations sont-elles encore à couteaux tirés? Parce que, chacune de son tôté, elles redoutent l'influence de l'autre sur le reste du monde. L'une d'elles pose à la nation communiste; l'autre, à la nation démocratique. Ni l'une ni l'autre ne sont ce qu'elles prétendent. La Russie n'est pas plus communiste, que l'Amérique démocratique. Le Gouvernement russe actuel est encore plus autocratique que celui des Tzars. Le Gouvernement actuel de l'Amérique est plus tyrannique que celui des Anglais, au temps des treize Colonies. Il y a aujourd'hui moins de liberté que jamais dans ces deux pays.

samedi 5 mai 2012

Par la baie vitrée

Par la baie vitrée d'un commerce, mon oeil de lynx a aperçu un client acheter de la pellicule photo. La caissière semblait traitée cette transaction d'une manière indifférente.

Moi, j'ai failli l'attendre à la sortie pour le féliciter.

dimanche 22 avril 2012

Pensée

"Notre aspiration à une condition meilleure n'est pas seulement la cause de notre malheur, mais notre malheur lui-même."

Pensée zen.

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dimanche 15 avril 2012

8 mythes sur l'augmentation des frais de scolarité

Une brillante démonstration par des chercheurs de l'IRIS (institut de recherche et d'information socio-économique) sur les 8 mythes portant sur l'augmentation des frais de scolarité.

À voir:



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mardi 10 avril 2012

Henry Miller - Lettres à Maurice Nadeau

Quand on aura pensé que tout a été lu de l'oeuvre d'un écrivain et tout dit à son sujet, on devra malgré tout se rendre compte qu'il y a toujours un inédit ou une découverte qui sortira tout à coup des tiroirs.

Ici, l'éditeur-critique-écrivain Maurice Nadeau permet la publication des lettres (1947-78) du célèbre et controversé écrivain américain Henry Miller. Dans la préface, on découvre que les deux hommes ont été mis en contact en raison de la censure exercée sur l'oeuvre de Miller. Maurice Nadeau avait mis sur pied un Comité de défense de la libre expression, ce qui a été le début de leur collaboration.

Qu'est-ce qu'on y découvre dans cet série de lettres? Bien entendu, le même Miller que l'on a connu au fil de son oeuvre, celui d'un homme qui promouvoit la conquête de soi et qui décrie la société de consommation à la source de l'esclavage de l'Homme à son travail. Que d'obligations n'a-t-on pas inventé pour garder l'Homme au boulot? pour l'éloigner de sa liberté et de son émancipation? Voilà le genre de propos que Miller tient dans ces pages.

On y découvre aussi un Miller plus apollinien en pleine période créatrice, alors qu'il écrivait la Crucifixion en rose ainsi que d'autres écrits et essais. Nadeau a d'ailleurs publié plusieurs des travaux de Miller dans les éditions Buchet et Chastel. Je disais de Miller qu'il était "apollinien" malgré l'incertitude financière qui le suivait encore à cette époque, comme quoi, la carrière d'un écrivain authentique est le parcours du combattant jusque tard dans une vie. Mais Miller, on s'en rend compte, gardait le morale et faisait preuve d'une candeur et d'une sérénité malgré l'adversité. Mieux encore, il s'inquiétait pour ses autres confrères écrivains (comme Albert Cossery dans la dèche à Paris) et cherchait toutes sortes de manière pour leur venir en aide.

Cette correspondance est donc l'occasion de revoir le parcours de Miller et, indirectement, le rôle joué par Maurice Nadeau dans son rôle à défense et promouvoir la littérature, envers et contre tout.

Henry Miller - Lettres à Maurice Nadeau (1947-78). Éditions Buchet-Chastel. 435p.

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