Cette vidéo de Rock & Belles Oreilles remonte à au moins 5 ans - sinon plus - et avait été diffusée dans le cadre d'un Bye Bye.
En la regardant, je me rends compte qu'elle n'a pas vieilli d'une ride. Ce que RBO voyait dans le gouvernement Harper est toujours vrai aujourd'hui. Trop vrai même.
Constatez par vous-même!
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mercredi 12 juin 2013
dimanche 9 juin 2013
Boxcar Bertha
Boxcar Bertha a été une hobo, c'est-à-dire une femme qui évoluait en marge de la société américaine et qui vivait d'expédients, et comme tous ses semblables, elle déplaçait principalement à bord des trains d'un bout à l'autre du continent. De cette manière, elle a rencontré d'autres gens ayant le même mode de vie, ce qui lui a permis d'explorer ce monde vivant en parallèle du mainstream. Douée d'une intelligence vive, elle avait le potentiel pour comprendre son milieu et en faire un témoignage authentique. C'est d'autant plus vraie qu'elle est elle-même née d'une mère hobo !
Vers la fin de sa vie, Boxcar Bertha - dont le véritable nom est Bertha Thompson - a rencontré Ben Reitman, un médecin voué à la cause des malades des quartiers pauvres de Chicago. C'est son histoire, celle de Boxcar, qui aura inspiré l'idée d'écrire sa biographie à partir de ses confidences sous le titre de Sister of the Road: the autobiography of Boxcar Bertha. En français, cet ouvrage a été publié dans la collection 10/18 sous le titre de Boxcar Bertha.
J'ai été étonné par le portrait de l'Amérique du début du XXe siècle, tant le climat social se démarque de celui dont on est témoin aujourd'hui, celui du désenchantement contemporain. À cette époque, selon les propos de Boxcar, les Américains opprimés étaient capables de contestation et d'une pensée politique. Ils organisaient des mouvements indépendants d'entraide pour l'éducation, la nourriture et le logement. Au milieu de tout cela se croisait aussi des voleurs à la tire, des prostituées, des drogués, des paumés, des handicapés, bref tout ce qui n'appartenait pas à la société américaine courante. Malheureusement, malgré ces organisations, la tradition d'entraide et de soutien ne semble pas avoir traversé les décennies, si on regarde l'individualisme forcené des Américains. Il aura sans doute fallu de longues années de répressions policières et d'une pensée politique rétrograde pour en arriver là, comme en font foi les pages de l'Histoire récente.
Quelques extraits pour illustrer les propos éclairants de Boxcar Bertha:
Boxcar Bertha. Ben Reitman. Éditions Christian Bourgois, Collection 10/18, no.2760
Vers la fin de sa vie, Boxcar Bertha - dont le véritable nom est Bertha Thompson - a rencontré Ben Reitman, un médecin voué à la cause des malades des quartiers pauvres de Chicago. C'est son histoire, celle de Boxcar, qui aura inspiré l'idée d'écrire sa biographie à partir de ses confidences sous le titre de Sister of the Road: the autobiography of Boxcar Bertha. En français, cet ouvrage a été publié dans la collection 10/18 sous le titre de Boxcar Bertha.
J'ai été étonné par le portrait de l'Amérique du début du XXe siècle, tant le climat social se démarque de celui dont on est témoin aujourd'hui, celui du désenchantement contemporain. À cette époque, selon les propos de Boxcar, les Américains opprimés étaient capables de contestation et d'une pensée politique. Ils organisaient des mouvements indépendants d'entraide pour l'éducation, la nourriture et le logement. Au milieu de tout cela se croisait aussi des voleurs à la tire, des prostituées, des drogués, des paumés, des handicapés, bref tout ce qui n'appartenait pas à la société américaine courante. Malheureusement, malgré ces organisations, la tradition d'entraide et de soutien ne semble pas avoir traversé les décennies, si on regarde l'individualisme forcené des Américains. Il aura sans doute fallu de longues années de répressions policières et d'une pensée politique rétrograde pour en arriver là, comme en font foi les pages de l'Histoire récente.
Quelques extraits pour illustrer les propos éclairants de Boxcar Bertha:
[Sur les hobos]
Elles acceptaient sans ressentiment le fait d'être des produits du "système", de cette société qui vous embauche et vous débauche, de cette société ou les propriétaires doivent toucher leurs loyers. Seules quelques-unes n'avaient, à mon instar, pas besoin de l'endroit - des vagabondes qui ne faisaient que passer.
[Sur la démocratie]
Qui peut rester tranquille, pacifique en se contentant de voter? Même aujourd'hui, dans cette sinistre période de crise, tout ce que nous tirons du chaos c'est de voir les riches devenir toujours plus riches, puissants et arrogants et la masse des pauvres devenir plus soumise et s'accommoder de force d'un niveau de vie plus bas! Le seul espoir, c'est de voir des migrants refuser ce qu'on leur donne. Toi et les gens de ta trempe, vous êtes les derniers en Amérique qui aient encore une vraie notion de la liberté.
[Puissance du capitalisme]
"Plus j'en apprends sur le chômage, plus il y a de chômeurs. Plus je contribue aux causes antiguerre, plus il y a de guerres. Plus il y a de diplômés et de professeurs, plus il y a d'incertitude. Plus nous connaissons les incohérences et les injustices du capitalisme, plus il devient puissant." (Lowell Schroeder)
[Fatalité du capitalisme]
"Je croyais que je voulais être une missionnaire pour les hobos. Je m'aperçois maintenant qu'en dehors de les nourrir et les vêtir, on ne peut rien faire de valable sans transformer le système économique. Or, actuellement, ce cher grand public plébiscite le système capitaliste. J'espère que ce ne sera pas toujours ainsi. Ensuite, j'ai voulu aider les travailleurs sociaux et les spécialistes des sciences sociales. Mais plus J'enquête, plus je suis convaincue qu'ils ne sont que des instruments ignorants et manipulés par un système puissant." (Boxcar Bertha)
Boxcar Bertha. Ben Reitman. Éditions Christian Bourgois, Collection 10/18, no.2760
dimanche 2 juin 2013
La loi des séries [loi de Murphy]
Un bel exemple de la loi de Murphy.
Je renouvelle mon abonnement du réseau de transport public, aussi je me dirige vers les guichets à cet effet.
- Bien entendu, il y a 3 guichets et les 3 sont utilisés simultanément (pas 4, par 5, pas 2 mais exactement TROIS);
- Bien entendu, il n'y a aucun utilisateur qui s'apprête à terminer sa transaction parce qu'ils viennent tous de commencer les opérations sur le clavier des guichets;
- Un guichet automatique finit par se libérer après un temps incroyablement long, comme si les opérations du guichet relevaient d'une science complexe;
- Mon renouvellement s'effectue apparemment sans problème, sauf que je ne réussis pas à obtenir un reçu;
- Je me dirige vers le guichet occupé par un humain, ce dernier étant là quand le guichet robot ne répond plus;
- La guichetière me dit que la transaction n'a pas été effectuée, c'est pour cela que je n'ai pas eu de reçu. À travers ses explications, je comprends que j'ai raté une séquence des opérations;
- Retour aux guichets robots, sauf qu'il y a maintenant une file d'attente;
- En attendant ma place au guichet, j'entends un message sonore des autorités de transports: " La ligne orange est actuellement en panne. De retour à la normale dans une demi-heure";
- Devant mon clavier de guichet, finalement, je recommence les opérations et enfin j'obtiens mon reçu;
- Je décide d'appeler au service à la clientèle de ma banque pour m'assurer qu'il n'y a pas eu dédoublement de la dernière opération bancaire;
Après quelques messages de robot et un échange avec un préposé humain, je reçois l'assurance qu'il n'y a pas de pépin de ce côté-là non plus.
Vous savez quoi? Je n'ai pas pris le métro, juste pour ne pas tenter le diable...
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lundi 20 mai 2013
Kikkoman blues
Hier, je vous racontais une tranche de vie au restaurant. Ça se passait dans un buffet chinois, rien de moins.
Si je reviens là-dessus, c'est que j'ai eu d'étranges pensées à la suite du départ de mes voisins de table boomers.
Je me suis mis à regarder un petit flacon de 150cc de sauce soya Kikkoman. Voilà le genre de petite chose qu'on peut avoir sous les yeux pendant des décennies sans même y jeter un réel coup d'oeil.
D'abord le seul mot "Kikkoman" est assez génial. "Kikko", il l'a l'affaire. En premier il a conçu une sauce dont la plupart des gens ont besoin. J'ai donc lu la liste des ingrédients que j'ai retrouvé sur le net:
Les meilleurs ingrédients
La sauce soja naturellement fermentée Kikkoman est fabriquée à partir de quatre ingrédients purs : graines de soja, blé, eau et sel. Les graines de soja viennent du Brésil, le blé d’Allemagne, le sel et l’eau des Pays-Bas. Tous les ingrédients sont soumis à des contrôles de qualité extrêmement rigoureux. Nous utilisons exclusivement des graines de soja non OGM, c’est-à-dire génétiquement non modifiées.
Tous les produits sont donc naturels, si je me fie à cette liste. Et ils sont non OGM, s'il vous plaît. En plus de subir une fermentation naturelle:
Une fermentation naturelle
La sauce soja naturellement fermentée Kikkoman est préparée depuis plus de 300 ans selon une ancienne recette traditionnelle japonaise. La sauce soja naturellement fermentée fraîche est produite en trois étapes à partir de graines de soja, d’eau, de blé et de sel. Les arômes peuvent ainsi se développer pendant six mois, sans additif chimique quelconque.
Mais ce qui me fascine encore plus, c'est que Kikkoman a non seulement des bureaux ouverts aux États-Unis, plus précisément en Californie, mais aussi en Illinois, au Texas, en Georgie, mieux encore, à Walworth au Wisconsin, un endroit connu du seul Jésus Christ, je pense bien.
Kikkoman began exporting soy sauce to the U.S. in the 1800s. In 1972, to meet the growing demand for naturally brewed soy sauce in the United States, Kikkoman opened its Walworth, Wisconsin, brewing plant in the heart of America's wheat and soybean country. In 1998, a second plant was opened in Folsom, California.
Il n'y a pas de hasard dans la vie. Le Wisconsin, c'est au coeur des terres de blé et du soya d'Amérique. Voilà ce qu'il faut savoir.
Merci Kikkoman !
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dimanche 19 mai 2013
Restants d'agapes
Entendu à la table d'à côté. Les commentaires entre crochets sont les pensées que j'ai eues en écoutant le bavardage.
Il s'agit de deux couples boomers attablés au restaurant. Une femme assez boulotte, ses cheveux emprisonnés dans une permanente violette, prend la parole:
- Ah si vous saviez! C'était ma fête et mes merveilleux enfants voulaient organiser quelque chose pour moi. Vous me connaissez suffisamment pour savoir que j'aime la tranquillité, alors je leur ai dit de n'en rien faire et de ne pas se donner toute cette peine de dresser la table, de faire venir des convives, etc. Je suis comme ça, heureuse dans la simplicité, hein mon mari?
[Le mari en question mastiquait tranquillement sa bouchée de roast-beef, l'air à moitié vivant et à moitié mort. Une coulisse de sauce brune se faisait vilainement un chemin de sa lèvre inférieure vers la pointe de son menton. Après une petite pause pour essuyer la "bavure", il opine doucement de la tête, validant du même coup les propos de sa femme.]
- Eh ben imaginez-vous que mes enfants ont persisté dans leur désir de me faire plaisir. En fait, NOUS faire plaisir moi et mon mâri [sic]. Croyez-le ou non, ils m'ont relancé, mes aïeux! I' sont arrivés avec une proposition que je ne pouvais rejeter du revers de la main: chambres réservées dans un hôtel des Laurentides. Un forfait incluant trois repas par jour pour le long week-end de l'Action de Grâces. C'était l'automne passé, bien évidemment. Quelle expérience ! Personne n'était embarassé par la vaisselle ou le ménage. Je l'avoue, j'ai été impressionnée!. Et ils ont bien pris soin de me cacher la facture!
[À part le mari, les deux autres personnes semblaient presque intéressées par l'histoire. Un peu jaloux même.]
Le reste de la conversation était de la même eau: impôts, taxes, pension, rentes, magasinage, entretien de la maison, vacances etc. Rien que du concret. Rien que les vraies affaires de la vie: l'argent et son administration. Et même un petit mot sur les médicaments. La même boulotte tenait encore le crachoir:
- L'assurance médicaments. En té ka... Tsé, si je prends 450 pelules [sic] dans l'année, ça fait plus qu'une piastre par jour. À quoi ça sert, dis-le-moué, l'assurance-médicaments, hein? [C't'une franchise, c'est pas compliqué, chose!] On paye des taxes et quand on achète nos médicaments, faut encore payer. Les p'tites pelules rose, c'est les pires. Les plusss [sic] chers, pis l'gouvernement fât [sic] rien pour nous aider.
Son amie renchérit:
- C'est ben vrai. On paye tout le temps. À quoi ça sert le gôvernment [prononcé à l'anglaise] ! Quand on pense ki en a qui veulent leux [sic] études payés gratis! Dans quel monde on vit, j't'l demande!!
Sur cette phrase philosophique de grande envolée, nos quatres convives se sont levés et sont allés à la caisse pour payer la note du repas.
De mon côté, je me demandais si les fameux enfants en question étaient si gentils que la dame orgueilleuse le laissait entendre. Bien sûr, je ne le saurai jamais. Entre le geste fait en toute candeur et le calcul intéressé, tout cela intercalé par la perspective d'un certain héritage à venir, il y a une infinie de possibilités.
C'est dur la vie parfois.
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Il s'agit de deux couples boomers attablés au restaurant. Une femme assez boulotte, ses cheveux emprisonnés dans une permanente violette, prend la parole:
- Ah si vous saviez! C'était ma fête et mes merveilleux enfants voulaient organiser quelque chose pour moi. Vous me connaissez suffisamment pour savoir que j'aime la tranquillité, alors je leur ai dit de n'en rien faire et de ne pas se donner toute cette peine de dresser la table, de faire venir des convives, etc. Je suis comme ça, heureuse dans la simplicité, hein mon mari?
[Le mari en question mastiquait tranquillement sa bouchée de roast-beef, l'air à moitié vivant et à moitié mort. Une coulisse de sauce brune se faisait vilainement un chemin de sa lèvre inférieure vers la pointe de son menton. Après une petite pause pour essuyer la "bavure", il opine doucement de la tête, validant du même coup les propos de sa femme.]
- Eh ben imaginez-vous que mes enfants ont persisté dans leur désir de me faire plaisir. En fait, NOUS faire plaisir moi et mon mâri [sic]. Croyez-le ou non, ils m'ont relancé, mes aïeux! I' sont arrivés avec une proposition que je ne pouvais rejeter du revers de la main: chambres réservées dans un hôtel des Laurentides. Un forfait incluant trois repas par jour pour le long week-end de l'Action de Grâces. C'était l'automne passé, bien évidemment. Quelle expérience ! Personne n'était embarassé par la vaisselle ou le ménage. Je l'avoue, j'ai été impressionnée!. Et ils ont bien pris soin de me cacher la facture!
[À part le mari, les deux autres personnes semblaient presque intéressées par l'histoire. Un peu jaloux même.]
Le reste de la conversation était de la même eau: impôts, taxes, pension, rentes, magasinage, entretien de la maison, vacances etc. Rien que du concret. Rien que les vraies affaires de la vie: l'argent et son administration. Et même un petit mot sur les médicaments. La même boulotte tenait encore le crachoir:
- L'assurance médicaments. En té ka... Tsé, si je prends 450 pelules [sic] dans l'année, ça fait plus qu'une piastre par jour. À quoi ça sert, dis-le-moué, l'assurance-médicaments, hein? [C't'une franchise, c'est pas compliqué, chose!] On paye des taxes et quand on achète nos médicaments, faut encore payer. Les p'tites pelules rose, c'est les pires. Les plusss [sic] chers, pis l'gouvernement fât [sic] rien pour nous aider.
Son amie renchérit:
- C'est ben vrai. On paye tout le temps. À quoi ça sert le gôvernment [prononcé à l'anglaise] ! Quand on pense ki en a qui veulent leux [sic] études payés gratis! Dans quel monde on vit, j't'l demande!!
Sur cette phrase philosophique de grande envolée, nos quatres convives se sont levés et sont allés à la caisse pour payer la note du repas.
De mon côté, je me demandais si les fameux enfants en question étaient si gentils que la dame orgueilleuse le laissait entendre. Bien sûr, je ne le saurai jamais. Entre le geste fait en toute candeur et le calcul intéressé, tout cela intercalé par la perspective d'un certain héritage à venir, il y a une infinie de possibilités.
C'est dur la vie parfois.
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dimanche 5 mai 2013
Ségrégation
La ségrégation a toujours existé dans les communautés humaines. C'est probablement le plus vilain défaut d'une collectivité, bien que le phénomène soit le résultat de toutes les petites et grandes misères de chacun des hommes. En effet, la ségrégation, c'est le point commun du défaut le plus fréquent parmi les hommes, celui de projeter sur une autre personne un malaise de vivre.
Si vous ne vous aimez pas, vous risquez de ne pas aimer autrui. Et ça se manifeste par l'intolérance.
La ségrégation se décline de différentes façons selon les époques et les sociétés. L'Histoire humaine en regorge, que ce soit à partir de votre religion, votre orientation sexuelle, votre classe sociale, votre couleur de peau, votre langue et même votre conception de la vie tout court.
Je me rappelle qu'un ancien confrère de travail m'avait déjà sensibilisé à cette question par cette simple observation: "Aujourd'hui, ce sont les handicapés physiques qui font l'objet du rejet général. Quand ce ne sera plus eux, ce sera d'autres sortes de gens. Ne l'oublions pas!"
Une ségrégation en vogue, à l'heure actuelle, c'est celle des homosexuels. Le groupe Indochine s'est associé au réalisateur Xavier Dolan pour illustrer le destin parfois tragique de ceux qui ont une orientation sexuelle différente de la majorité. Le concept est provocant, à n'en pas douter. De là à faire un lien avec la crucifixion, il faut faire un pas que plusieurs hésiteront à faire pour toutes sortes de raisons.
Si je peux facilement concevoir que des groupes frappés par la ségrégation se défendent comme ils peuvent, faut-il par contre user de provocation? Est-ce que le genre humain est si faible d'un point de vue intellectuel et émotif qu'il faut frapper son imagination pour faire passer un message?
Je vous laisse en juger par vous-même:
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Si vous ne vous aimez pas, vous risquez de ne pas aimer autrui. Et ça se manifeste par l'intolérance.
La ségrégation se décline de différentes façons selon les époques et les sociétés. L'Histoire humaine en regorge, que ce soit à partir de votre religion, votre orientation sexuelle, votre classe sociale, votre couleur de peau, votre langue et même votre conception de la vie tout court.
Je me rappelle qu'un ancien confrère de travail m'avait déjà sensibilisé à cette question par cette simple observation: "Aujourd'hui, ce sont les handicapés physiques qui font l'objet du rejet général. Quand ce ne sera plus eux, ce sera d'autres sortes de gens. Ne l'oublions pas!"
Une ségrégation en vogue, à l'heure actuelle, c'est celle des homosexuels. Le groupe Indochine s'est associé au réalisateur Xavier Dolan pour illustrer le destin parfois tragique de ceux qui ont une orientation sexuelle différente de la majorité. Le concept est provocant, à n'en pas douter. De là à faire un lien avec la crucifixion, il faut faire un pas que plusieurs hésiteront à faire pour toutes sortes de raisons.
Si je peux facilement concevoir que des groupes frappés par la ségrégation se défendent comme ils peuvent, faut-il par contre user de provocation? Est-ce que le genre humain est si faible d'un point de vue intellectuel et émotif qu'il faut frapper son imagination pour faire passer un message?
Je vous laisse en juger par vous-même:
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samedi 27 avril 2013
Rencontre fortuite
Une rencontre de ce genre a toujours quelque chose de fortuit. Ce qui avait d'abord attiré mon attention, c'est le carton scotché au pare-brise d'une fourgonnette d'un autre âge:
"Institut de recherche sur le pot (joint)"
L'écriture était de toute évidence de facture amateure. Ensuite, je voyais le conducteur faisant distraitement la pause devant son volant, le coude appuyé sur la portière. Lui aussi avait l'air d'un autre âge: longue barbe, lunette à monture cornée noire et sweater à cupuchon. Il arrive que le temps oublie quelqu'un et le voit "perdu" à une époque différente de la sienne. C'était de toute évidence son cas.
J'aurais pu sourire et passer mon chemin, mais le tableau d'ensemble était irrésistible. Comme j'avais avec moi une petite caméra point & shoot, je lui ai demandé s'il ne voyait pas d'inconvénient à ce que je le prenne en photo.
Son histoire n'est pas compliquée. Homme à tout faire, il a un jour décidé de vivre en itinérance à bord de son motorisé. Un mode de vie combiné à plein d'autres expédients, le tout accompagné d'un joint de temps à autre.
Nikon L35AF -
Ilford FP4+ -
HC-110 (B)
"Institut de recherche sur le pot (joint)"
L'écriture était de toute évidence de facture amateure. Ensuite, je voyais le conducteur faisant distraitement la pause devant son volant, le coude appuyé sur la portière. Lui aussi avait l'air d'un autre âge: longue barbe, lunette à monture cornée noire et sweater à cupuchon. Il arrive que le temps oublie quelqu'un et le voit "perdu" à une époque différente de la sienne. C'était de toute évidence son cas.
J'aurais pu sourire et passer mon chemin, mais le tableau d'ensemble était irrésistible. Comme j'avais avec moi une petite caméra point & shoot, je lui ai demandé s'il ne voyait pas d'inconvénient à ce que je le prenne en photo.
Son histoire n'est pas compliquée. Homme à tout faire, il a un jour décidé de vivre en itinérance à bord de son motorisé. Un mode de vie combiné à plein d'autres expédients, le tout accompagné d'un joint de temps à autre.
Nikon L35AF -
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